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MIDI 2011 – Compte rendu Le vent, cet assassin !
7 ans, l’âge de raison paraît-il. Pourtant, c’est bien une certaine déraison que les festivaliers viennent chercher chaque été dans les jardins de la Villa Noailles de Hyères. Cette "folie" était bien programmée le dimanche soir avec la prestation unique en France des anglais de Primal Scream, pour une revisite de l’album "Screamadelica" de 92 dans les grandes largeurs. On se souvient toujours de la fin, les derniers mots, les derniers sons, les dernières images... Et c’est un souvenir plutôt mitigé qui emballe ce troisième et dernier jour : si la prestation des anglais était plus que convenable, même jouée très fort, la déception est une nouvelle fois venue du public... On n’a que le public qu’on mérite ! Le dicton se vérifie encore et toujours dans le sud-est de la France, quoi que l’on propose ! Apathiques et irrespectueux, les quelques 500 invités conviés pour une fois à la fête sur la belle pelouse de l’Hyppodrome auront passé leur soirée à dénigrer les groupes engagés pour chauffer l’ambiance... Mazes à l’apéro n’aura pas laissé un grand souvenir, Holy Shit non plus, se prenant les pieds dans un tapis trop large pour eux et ne disposant pas d’une sonorisation à toute épreuve. Aucun cadeau pour Frankie and The Heartstrings, fraîchement descendus de Sunderland. Leur set énergique et efficace n’aura récolté que des miaulements de chats gâtés. Dommage, Ces rejetons des Smiths et petits frangins de Franz Ferdinand en avaient sous la pédale, et avec classe en prime... Tout ça devait nous porter doucement vers la transe ou pour le moins la communion avec le groupe de Bobby Gilespie au complet (8 sur scène !), transformant pour le coup les pins parasols en champignons hallucinogènes géants et la nuit en rave party version Madchester sous les sermons salvateurs et attendus "we are together, we are unified"... Tu parles ! Trop peus se sont souvenus, trop peus ont dansé et chanté, beaucoup sont partis au fil d’un concert pourtant ébouriffant, laissant le champ de ce qui devait être une bataille en morne plaine... Bobbie aura eu beau s’époumoner, inviter les plus hardis à une ultime chance de danser, se demander en live s’il n’était pas tombé dans un mauvais rêve, rien n’y fera. Et chacun de rentrer chez soi, avec les bribes de partage qu’il a pu retenir, les oreilles et le cerveau fracassé, un peu piteux... Pour les deux premiers jours de festival, c’est le vent, cet assassin, qui a réduit les velléités de fête de chacun à une peau de chagrin... Comment ce sont passées les "nights" ? J’en sais rien ! L’après-midi du samedi sur la plage m’a suffit ! Et encore, juste une heure surréaliste accroupi devant une scène réduite à une cage en bois pour protéger le courageux et formidable Porcelain Raft, une heure de misère ou le mistral vous offre un peeling gratos... Dur ! Ce dont je me souviens de vendredi, c’est l’absence des Violens, dure à faire passer, la douce folie de R steevie Moore et l’intéressante expérience du set de Christian aids + Stay. Samedi, le vent, toujours lui, était plus remonté que jamais, balayant le jardin de la villa de rafales de poussière mettant à mal le plaisir que l’on pouvait avoir à apprécier l’énergie sombre et torturée du Dirty Beaches ou la virevoltante fantaisie des Washed Out, piqués aux hormones... Sinon, ma femme à fait quelques "mots fléchés", sous le lampadaire de la villa, trouvant tout "pas mal", comme d’habitude. Le vent, cet assassin, ne l’a pas trop dérangée...
Emmanuel Rastouil.